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Histoire de Château-Thierry (7)

LA VILLE pendant la TROISIEME REPUBLIQUE

Château-Thierry pansa ses blessures et la vie économique et politique reprit peu à peu.

M. de Tillancourt fut réélu en tant que député aux élections de 1876. 11 fit adopter à la Chambre un certain nombre d'amendements : sur les P.T.T., la simplification des uniformes militaires l'abaissement de la taille exigée aux soldats, les facteurs ruraux. Il mourut le 24 décembre 1880 (à 73 ans). Un service funèbre d’une grande solennité fut célébré à l'église Saint-Crépin. Il emportait les regrets unanimes d'une population pour laquelle il témoigna constamment de ses qualités de cœur et de son dévouement inlassable.

Nombre de maisons détruites furent reconstruites, de nouvelles industries s'implantèrent, des magasins de commerce s'ouvrirent. Le théâtre, longtemps délaissé, rouvrit ses portes. Des salles de cinéma ne tardèrent pas à offrir aux habitants les joies du grand écran. Les premières automobiles firent leur apparition changeant quelque peu les modes de circulation dans les rues. Certaines s'animèrent, alors que d'anciens carrefours, comme la place de la Bascule, furent en partie délaissée (en particulier des piétons, préférant les quartiers plus centraux).

La Société Historique et Archéologique de la ville compta des membres éminents et répandit le rayonnement de La Fontaine dont la maison natale, achetée en 1869 fut donnée à la ville en 1876 à charge pour elle d'en faire un musée consacré à la mémoire du grand poète. La Société conserva dans cette maison une salle réservée aux réunions mensuelles de ses membres.

En cette même année 1876, l’ancien hôtel de Ville étant dans un complet délabrement, la Municipalité décida d'en construire un autre. On confia la tâche à M. ROUYER, architecte parisien renommé pour ses travaux (en particulier pour sa construction en style néo-gothique de la Mairie du l0ème arrondissement). Ce fut une réussite. On qualifia le monument, dont les proportions sont harmonieuses, de " bijou d'élégance ".

En cette même année 1876, M. Rouyer fut chargé de reconstruire l'ancien Hôtel-Dieu, alors en grand état de vétusté. La Municipalité préféra doter la ville d'un hospice nouveau plutôt que de faire des réparations fort onéreuses dans un bâtiment devenu trop exigu qui à l'origine ne comptait que 60 lits. Elle eut égard aux nouveaux malades dont le nombre ne cessa de croître.

Dans la commission qui décida la reconstruction de l’hôpital figuraient les docteurs Jousseaume Latour et Petit M. de Gerbrois (qui fut maire de la ville pendant un quart de siècle) et M. ROUYER. Le monument est une réussite architecturale. On peut admirer la beauté du chaînage fait de briques et de pierres. La façade méridionale, avec la belle ligne d’arcatures de son soubassement donne une remarquable impression d'élégance dans la solidité.

Nouvel Hôtel de Ville inauguré par M. Raymond Poincaré
    en 1893

On peut seulement regretter que quelques points de détail ne répondent pas à la beauté de l'ensemble de l'édifice. Les pignons des façades sont trop aigus. De ce fait le galbe reste quelque peu gothique. Les pots à feu situés au sommet de la toiture gagneraient à être moins gros. Les lucarnes en bois contrastent par leur simplicité et la pauvreté du matériau avec l'ensemble de l'édifice. L'harmonie eut été beaucoup plus grande si les circonstances (manque de crédits) eussent permis d’utiliser partout la pierre.

Le 19 juillet 1879, fête de Saint Vincent de Paul, l'évêque de Soissons vint inaugurer le nouvel hôpital.

Une autre cérémonie marque la fin du 19ême siècle : l'inauguration du nouvel hôtel de Ville par M. Raymond Poincaré en 1893.

La guerre de 1914-1918 ne devait pas tarder à mettre fin à la période heureuse qui marqua le début du 20ème siècle. Ce fut une des plus dures époques de l'histoire de la ville, qui fut cruellement bombardée lors de la bataille de la Marne. Grâce à l'héroïsme de nos soldats et au concours des troupes anglaises et américaines les armées allemandes connurent une défaite complète.

En fait il y eut deux batailles de la Marne. Dans la première qui se déroula en 1914 du 6 au 12 septembre, le général Joffre dirigeait les troupes françaises qui opposèrent la plus vive résistance à l'armée allemande commandée par le général Moltke. La 2ème armée allemande commandée par Von Bulow avait franchi la Marne à Dormans et Epernay et ses têtes de colonnes se dressaient sur la route de Montmirail à Châlons. Les Britanniques et les Français se glissèrent dans les trouées qui allaient se créer entre la 1ère et la 2ème armées allemandes. La 6ème armée franco-anglaise devait jouer un rôle décisif. Le 11 septembre Joffre confirmait au gouvernement la ruine de l'offensive allemande par cette phrase mémorable " la bataille de la Marne s'achève en victoire incontestable ".

Place de l'Hôtel de Ville pendant la 1ère guerre mondial

La deuxième bataille devait avoir lieu quatre ans plus tard du 18 juillet au 6 août 1918. Les Allemands écartés des rives de la Marne pendant toute la durée de la guerre des tranchées revinrent dans la vallée de la rivière au printemps de 1918 après la rupture du front français du Chemin des Dames. Au cours de cette seconde bataille le général Foch a fait reculer les Allemands du Sud de la Marne jusqu'à l'Aisne (en juillet se déroulent les batailles de l'Ourcq et du Tardenois).

L'ancienne Place du Champ de Mars (devenue Place des Etats-Unies)

Il parvint encore à vider la poche creusée par les armées allemandes entre la forêt de Villers-Cotterêts, Château-Thierry et Reims. L'aide des alliés et en particulier des Américains fut des plus précieuses. Dès le 1er juin 1918, le général Marchand était parvenu avec l’aide des mitrailleurs américains et des divisions coloniales à arrêter l'avance ennemie à Château-Thierry. 195 civils restèrent pendant 52 jours au milieu des Allemands de Courteau. La bataille décisive fut celle du 18 juillet. En témoignage de reconnaissance aux troupes américaines, la ville de Château-Thierry donna à l'ancienne place du Champ de Mars (longeant la Marne en contrebas de l'église Saint Crépin) le nom de place des Etats-Unis.

Par ailleurs en mémoire des durs combats livrés aux alentours de Château-Thierry, la France décida d'ériger sur les hauteur dominant la ville (à la cote 204) un monument à la gloire des armées française et américaine. En posant la première pierre de ce monument (en 1929) le maréchal Foch devait prononcer ces paroles émouvantes " La Fayette en Amérique construisit le premier jalon de l'amitié franco américaine, vous avez construit le second ".

D'un autre côté sur le lieu même des plus dur combats (qui se déroulèrent du 16 au 29 juillet 1918) les Américains ont aménagé le vaste cimetière du Bois Belleau dans lequel reposent 2288 hommes (dont 250 soldats inconnus) tombés lors de la 4ème attaque des Allemands en Picardie.

Chaque année une journée commémorative à lieu le dimanche le plus rapproché de l'anniversaire du 30 mai (date du début de l'action si efficace des troupes alliées qui réussirent à refouler les armées allemandes).

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Un autre souvenir de la première guerre mondial (19l4-1918) consiste en une inscription gravée sur une colonne romaine dressée au milieu du jardin public sur l'emplacement des Petits-Prés (en contrebas du château et du faubourg de la Barre). Cette inscription rappel le souvenir de l'invasion allemande à Château-Thierry.

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Le pont avant 1918

Le pont de la Marne fut détruit le 1er juin 1918, lors des combats de la deuxième bataille de la Marne. Il ne fallut pas moins de 1600 Kg de poudre au génie pour faire sauter ce pont (et couper ainsi le passage aux Allemands). Il fut reconstruit en 1925, mais ne devait servir que quinze ans. La nouvelle guerre de 1940-1945 devait en effet l'emporter à nouveau et il fallut attendre pour sa reconstruction et l’inauguration du pont actuel le 25 juin 1950, jour de la " Fête à Jean ". A propos de cette fête, il convient de signaler que tous les ans à pareille époque la ville organise un important défilé de chars illustrant personnages et animaux que le grand fabuliste (La Fontaine) a su rendre immortels.

La mémoire de l'aspirant de Rougé mort pour la défense de Château-Thierry reste attachée au nouveau pont.

En 1924 fut inauguré, sur la place de 1'Hôtel de Ville (du côté opposé à l'ancien théâtre) le temple protestant. Outre de magnifiques vitraux à la gloire de Dieu et des grands réformateurs que furent Calvin, Knox et Zwingle, ce temple a conservé le souvenir de la guerre de 1914-1918, souvenir évoqué de façon magistrale sur le vitrail qui surmonte la tribune d'entrée. On peut y voir l’arrivée des Américains volant au secours de l'armée française. Les généraux Foch, Pétain et Pershing assistent au débarquement des troupes. Au centre La Fayette rappelle la présence des Français en Amérique à la fin du 18ème siècle.

Place de l'Hôtel de Ville en 1945

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Château-Thierry actuel

Date de la dernière mise à jour : 27 mai, 2003